Engrais foliaires : Tout ce que vous devez savoir pour mieux les comprendre

12.10.2017

Il ne se passe pas une semaine sans qu’un arboriculteur, un vigneron, ne reçoive la visite d’un marchand de foliaires, vendant un produit aux capacités miraculeuses, pour des applications sur cultures hasardeuses. Selon des études récentes, une grande majorité des foliaires sont proposés sous des normes peu contraignantes d’un point de vue réglementaire, industriel et, pire, sans garantie d’efficacité… Explications sur ce que doit être en réalité un engrais foliaire, avec Frédéric Ruffé, expert chez OvinAlp.

Que doit être un engrais foliaire, selon vous ?

Frédéric Ruffé : En premier lieu, il ne faut plus le considérer comme un anti-carentiel pur et simple. Cet intrant doit être intégré à part entière dans un plan de fertilisation, afin de répondre de la façon la plus efficiente possible aux objectifs qualitatifs et quantitatifs fixés par l’agriculteur. Pour les atteindre et afin que le foliaire soit efficace, les doses préconisées et des stades d’application précis doivent être respectés. En résumé, ils doivent être perçus comme un outil supplémentaire disponible pour conduire les cultures ou répondre à des situations particulières, et non pas comme une poudre de “perlimpinpin” miraculeuse. Ils ne remplacent pas non plus la nutrition racinaire.

Comment alors s’y retrouver dans l’offre existante ?

Frédéric Ruffé : On peut les classer selon leur mode d’action. Il en existe trois différents : le premier est celui des engrais foliaires “correctifs”, car ils permettent de combler des carences en minéraux. Il faut savoir qu’elles sont fréquentes au niveau des différentes cultures, mais qu’une action préventive, par une application avant l’apparition des symptômes, est plus efficace que d’agir en “pompier”, a posteriori.
Le second groupe comprend les engrais foliaires “mécaniques” : ils ont une action de protection, de régulation de la respiration plus que de nutrition stricto sensu, en saturant les tissus externes des organes. Le calcium se classe dans ce groupe. Le dernier contient les biostimulants. En période de reprise végétative ou de difficultés climatiques, ils agissent en soutenant le végétal par un maintien de son fonctionnement, voire en stimulant l’activité radiculaire. Ils permettent ainsi de passer le cap d’un stress et de ne pas perdre en potentiel qualitatif ou quantitatif de la récolte, donc d’éviter d’éventuelles pertes économiques. Dans un cadre de préconisation bien précis, ils permettent aussi d’augmenter les valeurs qualitatives d’une récolte : équilibre et arômes de moûts, sucre, arômes et calibre de fruits… À un objectif quantitatif ou qualitatif particulier, à une situation particulière, correspond donc un produit foliaire. Les produits à “tout faire” sont rares…

S’il fallait retenir une chose pour nous aider dans le choix d’un engrais foliaire, quelle serait-elle… ?

Frédéric Ruffé : Elle serait d’ordre réglementaire, sachant que la réglementation ne protège pas de la même manière le consommateur. Un produit foliaire peut entrer dans 3 normes différentes qui n’ont pour l’industriel pas les mêmes contraintes et ne procurent pas à l’utilisateur les mêmes garanties. La moins contraignante est la “CE”, suivie de la “NFU” et enfin “l’Homologation”. Cette dernière, par rapport aux deux autres, garantit l’innocuité pour l’environnement et l’homme, la constance de composition et, surtout, l’efficacité du produit. C’est la démarche que nous avons menée chez OvinAlp avec imis®, premier agent chélatant naturel, composé d’acides aminés. On le retrouve dans plusieurs de nos solutions foliaires, dont chaque formulation subit des tests de compatibilité avec de nombreux produits phytosanitaires.

Pour finir, avez-vous des exemples d’engrais foliaires et de leurs effets sur les cultures ?

Frédéric Ruffé : Oui, Kori Fruit par exemple permet d’augmenter le calibre des fruits et leur confère une teneur en sucre plus élevée. Autre exemple, en arboriculture : Kori Fleur, appliqué à un stade phénologique donné, réduit la coulure pendant la floraison et permet de meilleures accroches et une meilleure homogénéité des fruits. Ces résultats sont garantis par l’homologation et de nombreux essais.